Benelux, Mobilité
04 Mai. 2026
La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg appellent la Commission européenne à rendre la reconnaissance des qualifications professionnelles au sein de l’Union européenne plus rapide et plus transparente. L’objectif est de renforcer la mobilité des travailleurs, de contribuer à remédier aux pénuries de main d’œuvre et de soutenir le bon fonctionnement du marché intérieur.
Les trois pays ont formalisé leur position commune dans un ‘non paper’ destiné à alimenter la réflexion dans le cadre de la future European Skills Portability Initiative.
Un levier crucial pour la mobilité de la main-d’œuvre
Selon les pays du Benelux, une reconnaissance plus rapide et plus transparente des diplômes et des qualifications professionnelles constitue l’un des éléments essentiels au bon fonctionnement du marché intérieur. Dans les régions frontalières en particulier, travailleurs et employeurs se heurtent encore trop souvent à des obstacles administratifs lorsqu’ils souhaitent faire reconnaître diplômes ou compétences au‑delà des frontières.
L’impact économique est significatif. Environ 23 % des travailleurs frontaliers de l’Union européenne résident dans le Benelux et les régions avoisinantes, soit plus de 400 000 travailleurs. Des procédures de reconnaissance plus efficaces permettraient de mieux exploiter ce potentiel sur le marché du travail.
« Une reconnaissance plus rapide des qualifications professionnelles est essentielle pour faciliter le travail transfrontalier et faire face aux pénuries de personnel dans nos pays. Aujourd’hui, les procédures sont trop complexes et trop longues pour permettre aux travailleurs de mettre rapidement leurs compétences et leur savoir‑faire au service d’un autre pays. Nous passons ainsi à côté d’opportunités économiques et sociales, en particulier dans les régions frontalières », déclare Liesje Schreinemacher, secrétaire générale adjointe du Benelux.
Propositions concrètes à la Commission européenne
La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg formulent notamment les propositions suivantes :
-Une plateforme européenne unique, avec des informations claires sur les procédures de reconnaissance ;
-Des diplômes et compétences vérifiables numériquement, pouvant être utilisés facilement et en toute sécurité au‑delà des frontières ;
-Des procédures plus rapides et numérisées pour la reconnaissance des professions réglementées ;
-Des règles européennes plus claires pour la reconnaissance des qualifications des travailleurs originaires de pays tiers.
En outre, les trois pays plaident pour une meilleure cohérence entre les instruments européens existants, tels qu’Europass, ESCO et les cadres de qualifications nationaux et européens.
Alignement avec l’agenda européen de compétitivité
Cette initiative s’inscrit dans les efforts plus larges de l’Union européenne visant à renforcer sa compétitivité et à approfondir le marché intérieur. Dans leurs récents rapports sur l’avenir de l’Europe, Enrico Letta et Mario Draghi soulignent les obstacles structurels à la mobilité de la main-d’œuvre et à la croissance économique, notamment la reconnaissance lente et fragmentée des qualifications professionnelles.
Le Benelux comme terrain d’expérimentation
Le Benelux est prêt à jouer un rôle de pionnier au sein de l’Union européenne en testant de nouvelles approches et en levant les obstacles à la mobilité de la main-d’œuvre. La région dispose déjà d’une expérience en matière de reconnaissance automatique des diplômes de l’enseignement supérieur, notamment grâce à un Traité avec les États baltes, et prochainement avec la Pologne.
Selon les trois pays, le Benelux peut ainsi servir de terrain d’expérimentation pratique pour des solutions européennes plus larges visant à réduire les charges administratives et à faciliter la mobilité professionnelle au sein de l’Union européenne.