Benelux
20 Mar. 2026
Lors du débat sur l’avenir du Benelux, le 20 mars au Parlement Benelux, la Secrétaire générale du Benelux, Ariadne Petridis, a mis en garde contre les pressions croissantes qui s’exercent sur l’Europe. Le débat s’est ouvert par un message vidéo conjoint des Premiers ministres de la Belgique, des Pays‑Bas et du Luxembourg, dans lequel ils ont souligné l’importance d’une coopération renforcée au sein du Benelux. Les secrétaires généraux adjoints Liesje Schreinemacher et Tom Köller étaient également présents.
Selon Mme Petridis, la Russie constitue une menace sécuritaire à long terme, la Chine exerce une influence croissante via la technologie et les matières premières, et les États‑Unis adoptent une attitude différente à l’égard du continent. « Ce n’est pas le moment pour un laisser‑aller européen », a‑t‑elle déclaré, plaidant pour davantage de pensée stratégique, de détermination et de confiance en soi au sein de l’UE.
Le Benelux comme moteur de coopération agile
Mme Petridis a souligné que le Benelux peut apporter une réelle valeur ajoutée dans ce contexte. Parce que la Belgique, les Pays‑Bas et le Luxembourg collaborent intensivement depuis des décennies et se font mutuellement confiance, ils peuvent élaborer plus rapidement des solutions communes face à de nombreux défis. Elle a cité, entre autres, le Traité de police Benelux, la lutte commune contre la fraude sociale, les inspections transfrontalières du transport routier et la reconnaissance automatique des diplômes de l’enseignement supérieur.
Des projets pilotes à impact plus large
Mme Petridis a également mis en avant l’importance maximale accordée aux projets pilotes qui attirent désormais l’attention au niveau européen. Parmi les exemples cités : la lutte contre les feux d’artifice dangereux, les mesures contre le plomb et le cadmium dans la céramique, ou encore l’enregistrement conjoint des opérateurs de bornes de recharge pour véhicules électriques. De tels projets peuvent non seulement renforcer le Benelux, mais aussi inspirer d’autres pays européens.
Exercices de crise et espace Benelux partagé
Elle a plaidé pour l’organisation d’exercices de crise communs afin de renforcer la résilience des pays face aux catastrophes naturelles, aux crises sanitaires et aux attaques hybrides ou cyberattaques. La coopération entre les trois centres nationaux de crise reste à cet égard essentielle. Elle a en outre appelé à considérer le territoire Benelux autant que possible comme un espace unique, notamment en matière de sécurité, de mobilité militaire, d’économie, d’énergie et de durabilité. Selon elle, l’article 350 du Traité sur le fonctionnement de l’UE offre un cadre juridique suffisant pour cela.
« Le Benelux doit devenir une région guide »
Pour Mme Petridis, personne ne peut s’attendre à ce que l’Europe revienne rapidement au « business as usual ». Elle a appelé à s’appuyer sur quatre‑vingts ans de coopération transfrontalière au sein du Benelux. « Cela fera du Benelux un exemple ambitieux, cohérent, stable et prévisible pour beaucoup d’autres. Une région guide. Time for the Benelux to revive its power of attraction », a‑t‑elle conclu.
photo (c) Parlement luxembourgeois, la Chambre des Députés